Chaque pas secouait l’animal qu’elle tenait dans ses bras. À un moment donné, sa tête bascula sur le côté, la mâchoire molle, et pendant un instant terrifiant, elle crut qu’il était mort. « Reste avec moi », haleta-t-elle en ajustant sa prise pour que son nez reste dégagé. Sa poitrine bougeait — à peine. Elle continua à courir. Des lampadaires apparurent. Un snack-bar fermé. Une boutique de souvenirs plongée dans l’obscurité derrière des grilles métalliques. Une seule station-service encore éclairée.
Ses jambes lui brûlaient, ses poumons étaient en feu. Au coin de la rue se dressait un bâtiment trapu avec une enseigne écaillée : « Shoreline Veterinary ». Elle frappa du poing contre la porte vitrée. Une employée — une adolescente, surprise — leva les yeux de son téléphone et la fixa, les yeux écarquillés. Lorsqu’elle vit le paquet dans les bras de Noémi, elle déverrouilla la porte sans un mot et appela le vétérinaire à grands cris.
