Leo n’avait ni l’allure d’un voyageur d’affaires d’élite ni celle d’un pilote de haut rang. Il portait un sweat à capuche gris usé, un jean délavé et des baskets éraflées, et portait en bandoulière un simple sac de voyage en toile tout abîmé. Debout près de la file d’embarquement prioritaire, il remarqua d’abord le couple qui s’adressait à l’agent d’embarquement avec une efficacité discrète et rodée.
L’homme expliquait, d’une voix basse et profondément inquiète, que sa femme, de santé fragile, souffrait d’un problème médical délicat qui nécessitait un embarquement anticipé pour éviter la foule. Sa femme fit mine de s’évanouir exactement au bon moment, s’appuyant lourdement sur le bras de son mari. L’agent d’embarquement, déconcerté et submergé par l’affluence du soir, les laissa passer sans hésiter devant les trente passagers qui attendaient. Léo observa la mise en scène en haussant un sourcil, reconnaissant les manipulateurs professionnels dès qu’il en voyait.
