La mariée laisse un siège vide pour son fils décédé, mais ne peut pas croire que quelqu’un le prenne..

Mais la culpabilité avait continué à s’accumuler tranquillement au cours des mois qui avaient suivi. Elle se réveillait à trois heures du matin, convaincue qu’elle faisait quelque chose de mal, qu’aller de l’avant signifiait laisser Daniel derrière elle, que la robe de mariée accrochée dans son armoire était une sorte de message indiquant qu’elle avait fini de faire son deuil, fini de se souvenir, fini..

Trois mois avant le mariage, elle a reçu une lettre d’une organisation qu’elle n’a pas immédiatement reconnue. Elle l’a ouverte, l’a lue deux fois et l’a posée face cachée sur la table de la cuisine. Elle se dit qu’il s’agit d’une lettre administrative, impersonnelle, qui n’a rien d’urgent. Elle n’en a jamais parlé à Richard ni à Claire, mais elle ne l’a toujours pas jetée.